Le monde entier a célébré ce mardi 12 décembre 2023, la journée internationale de la Couverture Santé Universelle (CSU). En République démocratique du Congo, la cérémonie officielle, à laquelle la délégation de l’Ordre national des infirmiers a pris part, s’est tenue à l’hôtel Hilton de Kinshasa en présence du ministre de santé publique hygiène et prévention (MSPHP).
L’Assemblée Générale des Nations-Unies dans une résolution adoptée le 12 décembre 2012 sur la santé mondiale et la politique étrangère, invitait les pays à accélérer leurs progrès vers la Couverture Santé Universelle.
La CSU est un système qui consiste à veiller à ce que l’ensemble de la population puisse avoir accès à tous les services de santé dont elle a besoin, que ces services soient de qualité suffisante pour être efficace, et sans que leur coût n’entraîne des difficultés financières pour les usagers.
Pour cette année le thème retenu est : « La santé pour tous. L’heure est à l’action. »

Cette cérémonie à laquelle une délégation de cinq membres du Conseil national de l’ONIC a pris part, il y a eu également plusieurs délégations officielles du gouvernement central, provincial et des forces armées et de sécurité, ainsi les partenaires techniques et financiers de la RDC, des corps diplomatiques, ayant rehaussé de leur présence à cette cérémonie, aux côtés des prestataires et les mamans, bénéficiaires de la maternité gratuite et soins de nouveau-né.
Après l’hymne national, le mot de bienvenue a été lu par madame Rossi, la chargée de communication du Conseil national de la couverture santé universelle (CNCSU).
« Cette journée est célébrée sous le haut patronage du chef de l’État, dont la vision est portée sur la mise en œuvre effective de la CSU, un processus qui se concrétise chaque jour « , a-t-elle précisé tout en saluant l’appui et la collaboration avec les Partenaires techniques et financiers. Ainsi elle a souhaité une chaleureuse participation à tous.
De son côté, le représentant pays de l’OMS, le docteur Boureima Hama, a qualifié d’un évènement de très grande portée, la célébration pour la première fois, de la journée internationale de la CSU en RDC.
« La commémoration de la journée mondiale de la CSU est un évènement de très grande portée. La CSU est la voie par laquelle chaque personne sera à mesure de suivre son capital fondamental qu’est la santé« , a-t-il souligné en indiquant que c’est la raison pour laquelle la communauté mondiale a diversifié la CSU parmi les six axes de l’atteinte des objectifs du développement durable (ODD).

Il a par ailleurs, au nom de l’OMS et des autres partenaires, salué les actions concrètes menées par le gouvernement en 2023. « C’est l’occasion ici pour l’OMS et les autres partenaires de santé, de saluer les actions concrètes qui ont été menées cette année sur la marche vers la matérialisation de la CSU, et qui traduisent la volonté au sommet de l’État de faire avancer cet agenda« , notamment le cadre législatif très important, rendant l’assurance maladie obligatoire, a-t-il révélé.
Il a aussi noté avec satisfaction, le lancement par le chef de l’État entre autres, de la campagne contre la poliomyélite, avant de qualifier « l’année 2023 comme celle de la santé« . Allusion faite à d’autres actions concrètes réalisées seulement cette année. Le Forum national sur la vaccination, sur la nutrition, le lancement de la maternité gratuite et de soins de nouveau-né, ainsi que l’engagement du gouvernement de construire 246 centres de santé à travers le programme de développement local de 145 territoires (PDL145), un point important dans l’amélioration de l’offre de service.
Il a réaffirmé l’engagement de l’OMS et des autres partenaires d’accompagner le gouvernement dans ses efforts d’amélioration de l’offre de soins, tout en saluant et félicitant le parlement et le gouvernement d’avoir doté le pays d’une « loi sur les peuples autochtones et les pygmées« , considérée comme un instrument d’opportunité capable d’élargir la CSU.
Le représentant pays de l’OMS a aussi souligné dans son allocution, le progrès du gouvernement dans l’amélioration du dépistage et de traitement du VIH, de la tuberculose, l’accroissement de la couverture vaccinale et plusieurs autres défis relevés dans la gestion des épidémies.
« Malgré le progrès accompli par le gouvernement et ses partenaires sur le plan sanitaire, il y a lieu de souligner les défis auxquels la CSU fait face en RDC, et qui se traduisent par la faible progression de l’indice de la CSU de 2019 à 2023, passant de 40 à 42%, comparativement aux années précédentes« , a-t-il fait savoir tout en citant parmi ces défis, les conflits armés, la COVID 19, ainsi que les effets du changement climatique.
Tout en saluant la collaboration avec le ministère de la santé publique, le représentant pays de l’OMS en RDC a promis l’accompagnement de son institution et des autres partenaires, avec des investissements conséquents, pour la matérialisation de la CSU en RDC.
Pour sa part, monsieur Ricardo, représentant du Groupe inter-bailleurs santé (GIBS), a salué l’organisation de cette journée ainsi que la vision de chef de l’État Félix Antoine Tshisekedi, faisant de la CSU son cheval de bataille.
« La CSU est une composante importante de l’agenda 2030 des ODD dans lequel la RDC est résolument engagé. Nous saluons l’organisation de ces assises et félicitons la vision du chef de l’État qui a fait de la CSU son cheval de bataille« , a-t-il indiqué tout en soulignant le caractère multisectoriel de la CSU qu’il ne faudrait pas négliger.

Il s’est félicité de la mise en œuvre de nouvelles structures de la CSU par le chef de l’État, institutions capables de promouvoir le dialogue pour la réussite de ce programme.
Enfin il a réaffirmé l’engagement de GIBS de soutenir l’agenda de CSU en faveur de la population congolaise, tout en invitant les partenaires des autres secteurs de s’allier sur la CSU dans le cadre de l’approche multisectorielle.
Le Coordonnateur du CNCSU, institution rattachée à la présidence, monsieur Polydore Mbongani Kabila a, à son tour déroulé les avancées de la mise en œuvre du programme de la CSU en RDC.
Il a débuté par présenter les objectifs de ce programme, l’expérience et le succès de la RDC en matière de la CSU. A ce sujet, il a fait savoir que les dépenses courantes de santé avaient augmenté. Elles sont passées de plus de 1,5 milliards de dollars en 2018 à 1,9 milliards de dollars en 2023.
« Cette augmentation est insuffisante par rapport au besoin réel en santé« , a-t-il affirmé en précisant que le MSPHP estime que pour couvrir tous les besoins de santé, le budget doit atteindre plus de 10 milliards de dollars par année.
Il a par ailleurs présenté les six établissements publics créés par le premier ministre, qui travaillent à la mise en œuvre effective de la CSU, suivant l’ordonnance-loi no23/006 du 3 mars 2023. Il s’agit du Fonds de promotion de la santé (FPS), qui finance l’offre de soins (infrastructures médicales, médicaments, équipements et la formation des prestataires). Le Fonds de solidarité de santé (FSS), qui s’occupe de l’Assurance maladie obligatoire ; l’Autorité de régulation et de contrôle de la CSU (ARC-CSU); l’Autorité Congolaise de réglementation pharmaceutique (ACOREP); l’Institut national de santé publique (INSP); et enfin, l’Agence nationale de l’ingénierie clinique et du numérique en santé (ANICNS).
Ces établissements sont sous la tutelle du premier ministre pour ARC-CSU, du ministre de l’emploi, travail et prévoyance sociale, pour le FSS, et enfin, sous la tutelle du ministre de la santé, pour le FPS, INSP, ANICNS et ACOREP.

Le coordonnateur du CNCSU a fait état de la prise en compte de la multisectorialité ou la santé dans toutes les politiques gouvernementales. « Plus de 17 ministères font partie du comité de pilotage du CNCSU, présidé par le chef de l’État« , a-t-il renseigné.
Aussi, il a noté, illustration à l’appui, la progressivité du paquet de soins et son coût par habitant, l’objectif étant non seulement de promouvoir l’équité, mais surtout d’effacer les barrières dans l’accès aux soins de santé par la population, en mettant en place un modèle contributif, dès l’année prochaine, comme mécanisme de financement.
Concernant le déploiement de la gratuité de la maternité et de soins du nouveau-né, le coordonnateur du CNCSU a indiqué qu’à ce jour, la ville de Kinshasa et les provinces limitrophes de la capitale, cinq provinces au total, sont concernés pour la première et la deuxième phase. La troisième phase va intégrer les vingt et une province restante. Avec pour objectif d’atteindre plus de 500 000 femmes qui accouchent par la gratuité.
Il a présenté toutefois, les défis à relever pour réussir la CSU, les leçons apprises pendant cette période de déploiement de la maternité gratuite, et quelques recommandations formulées aux autorités et autres responsables, pour réussir l’extension de la CSU.
Et il a de même relevé le rôle essentiel de la vulgarisation si l’on veut atteindre l’objectif de la CSU à l’horizon 2030.
« La vulgarisation joue un rôle essentiel dans la réalisation de l’objectif de la CSU, permettant de mesurer les progrès et de garantir que la CSU atteigne ses objectifs en matière d’accès, de qualité, d’équité et de protection financière pour les citoyens« , a-t-il conclu sa présentation sous les applaudissements.
Dans un autre registre, un couple dont la femme a accouchée par césarienne, ayant bénéficié de la gratuité de maternité, a témoigné de l’importance de ce programme et a remercié sincèrement le chef de l’État pour cette opportunité offerte à la femme Congolaise.

En outre, le ministre de la santé publique hygiène et prévention, Roger KAMBA, s’est félicité dans son mot de circonstance, d’avoir organisé pour la première fois en RDC, une cérémonie de célébration de la journée internationale de la CSU. Il a fait savoir que l’action menée cette année s’exprime par les témoignages des bénéficiaires de la gratuité de la maternité, dans toutes les provinces concernées.
Il s’est appesanti à rappeler la mise en place de l’architecture de la CSU, tout en saluant la vision du chef de l’État sur l’amélioration du social de la population à travers la maternité gratuite et les soins du nouveau-né, dont il est le seul défenseur pendant l’actuelle campagne électorale en cours.
« Le chef de l’État est le premier visionnaire de cette stratégie d’amélioration sociale. En son nom, lui qui parle de CSU dans tous ses meetings, je remercie toutes les personnes qui travaillent au quotidien pour que cette vision devienne une réalité« , a-t-il dit, en remerciant particulièrement, les partenaires, les prestataires qui accompagnent le gouvernement dans la mise en œuvre de la CSU et de son extension.
« Prestataires de soins, médecins, infirmiers, aide soignantes et administratifs qui déploient la stratégie sur terrain. Parce que sans vous, la gratuité ne peut pas avoir lieu« , a insisté le ministre.
Et de poursuivre : » Il est clair que le premier indicateur de santé que nous devons regarder c’est l’espérance de vie de nos concitoyens. Actuellement cet indicateur n’a augmenté que de 3% pour la moyenne africaine. Mais dans notre objectif du plan de développement sanitaire sur le dix ans avenir, le Congolais doit gagner 20 ans d’espérance de vie en plus« , a-t-il promis.
Tout en évoquant les défis de l’offre de soins, de la protection financière, de la digitalisation, etc., le ministre de la santé publique a formulé le vœu de voir la deuxième étape, le système contributif, se réaliser en commençant par les militaires, policiers, les fonctionnaires de l’État, et plus tard, dans le secteur informel.

Le ministre de la santé a procédé également à la remise, à titre symbolique, des cartes de l’assurance maladie à quelques femmes, cadeau du chef de l’État aux femmes ayant accouché par la gratuité, ainsi que leurs enfants. Elles bénéficieront de soins de santé gratuits dans tous les hôpitaux publics de l’État.
Cette cérémonie a été agrémentée par un groupe musical de l’artiste musicien Borrel, connu pour sa chanson vantant les œuvres du chef de l’État, notamment la gratuité de la maternité.
Signalons que la CSU est inscrite dans la vision du chef de l’État. C’est le neuvième pilier de son programme quinquennal.
Depuis le 15 septembre 2023, la première phase de la gratuité de la maternité et de soins du nouveau-né a été lancée dans la ville province de Kinshasa. Ce programme est à ce jour étendu dans cinq provinces au total, dont les trois provinces de l’espace grand Bandundu et le Kongo central, en plus de la ville de Kinshasa. En 2024, il est prévu son extension dans le reste de provinces.
HDM
