Clôture avec faste des travaux de la troisième édition du Colloque Africain des Soins Infirmiers et Obstétricaux (Casio), ce samedi 29 novembre dans la salle de spectacle du Centre culturel et artistique. C’est le Président du comité international d’organisation du Casio, André Louis KOMBA Djeko président de l’ONIC, et le président de l’Ordre des sages-femmes Ambrockka KABEYA qui ont conjointement lu le message de clôture de ce grand rendez-vous scientifique et culturel. « Nous présidents de l’Ordre des infirmiers et de l’Ordre des sages-femmes déclarons clos les travaux de la troisième édition du Casio2025. », ont-ils déclaré. Durant quatre jours, soit du 26 au 29 novembre, ce colloque qui a connu la participation de plus de deux mille participants, infirmières et sages-femmes, enseignants et étudiants, ressortissants de dix-sept pays africains d’expression française et de vingt-six provinces de la RDC, a été un rendez-vous scientifique et culturel de haut niveau. Des ateliers du premier jour organisés dans cinq hôpitaux de la ville de Kinshasa, à la cérémonie d’ouverture officielle par le ministre de la santé publique, aux panels et focus groupe en passant par les conférences en plénière animées par les professeurs et autres experts au Centre culturel et artistique les trois derniers jours, la qualité des échanges a été la motivation principale des organisateurs. Dans son rapport synthèse, le comité scientifique a fait état d’un bilan élogieux de ce colloque sur le plan scientifique. Au total, cent soixante contributions orales et en posters ont été analysées pendant ce colloque, marquant la diversité des problématiques abordées autour de sept axes stratégiques. Ces contributions ont mis en évidence les défis liés à la formation continue, au financement de la recherche, à l’intégration des technologies numériques, au manque de protocoles contextualisés, ainsi qu’à l’insuffisante valorisation de l’infirmier et sage-femme dans les politiques de la santé. Il a été retenu lors de ce colloque que l’engagement des infirmières et sages-femmes dans la dynamique de la CSU tout en rappelant une mobilisation collective autour de la qualité de soins, dans les différentes prises de parole. Les différentes conférences ont démontré la problématique générale du colloque en examinant les enjeux contemporains de la couverture sanitaire universelle (CSU) en Afrique. La contribution historique et actuelle des professions infirmière et Obstétricale, les principaux défis structurelles, de ressources humaines de qualité, accessibilité et équité, mais aussi les opportunités d’innovations, de leadership et de recherche. Le renforcement des compétences clinique, pédagogique et managériale, mais aussi éthique. Les ateliers et les panels en focus groupe ont permis de relevés les aspects suivants : Un Slogan a été retenu lors du Casio 2025, à savoir: « Un hôpital qui recherche est un hôpital qui progresse. » Ainsi faisons de nos hôpitaux un espace d’apprentissage et de transformation a-t-il recommandé. Cette troisième édition du Casio dont le thème : « Les infirmiers et les sages-femmes face aux défis de la couverture santé universelle », a permis aux organisations professionnelles des infirmiers et sages-femmes de l’Afrique francophone de réfléchir sur leur avenir, en termes de la formation et des conditions socio-professionnelles. La déclaration de Kinshasa ! Le président de l’Ordre national des infirmiers et infirmières du Burkina Faso, monsieur SAWADOGO Bonvouila, a lu une « déclaration dite de Kinshasa. » devant sanctionner la fin des travaux de la troisième édition du Casio. Il ressort de cette déclaration la prise de position de dix-sept pays africains d’expression française ayant participé à ce colloque, face aux multiples enjeux organisationnels et professionnels. Les points ci-après sont à retenir : Casio c’est aussi la musique et le Zango ! Casio2025 a été également un rendez-vous culturel. L’artiste musicien Burkinabè a électrisé la salle avec une chanson dédiée à la paix dans l’est de la RDC et dans tous les pays africains. Un match de Nzango a opposé les deux Congo. Une belle initiative de l’association des infirmiers et infirmières du Congo Brazzaville pour divertir les participants. Un match nul de deux buts partout a départagé les deux équipes sous les applaudissements nourris de la salle. Cette dernière journée a été marquée également par la remise symbolique des brevets et clés USB aux délégués des pays étrangers, à tous les orateurs et aux délégués des différentes provinces de la RDC ayant participé au Casio 2025. Casio2025 ferme ses portes, et après ? La quatrième édition du Casio sera organisée en novembre 2026 au Sénégal. Dakar a été choisi à l’unanimité par les représentants de chaque délégation des pays membres au cours d’un vote organisé la veille. La représentante de l’association des infirmiers et infirmières du Sénégal s’est dit très honorée d’avoir remporté cette élection. « Je suis tellement émue et fière aujourd’hui. C’est un honneur pour moi de représenter le Sénégal. C’est une grande joie et une profonde gratitude que nous vous accueillons au Sénégal, pays de la teranga. Nous sommes honorés de vous recevoir dans notre pays connu pour son hospitalité légendaire et son riche patrimoine. » A-t-elle déclaré. Et de renchérir : « Nous sommes également ravis de vous accueillir, de discuter avec vous les avancées dans le domaine de la santé et de partager nos expériences et nos connaissances pour améliorer les soins de santé pour tous. Nous sommes heureux de vous accueillir au pays de la teranga. Vive la santé pour tous. » Une soirée dansante organisée à l’honneur des délégués africains et provinciaux a lieu dans la salle historique « le Carrefour ». Signalons que lors de la quatrième et dernière journée du Casio, 589 infirmiers et infirmières ont prêté serment devant le président du conseil national de l’Ordre national des infirmiers de la RDC. Casio 2025 est une victoire totale en termes de mobilisation des participants, de la qualité scientifique des différentes présentations orales et en posters. Les participants tant nationaux qu’étrangers se sont dits satisfaits d’avoir participer activement à ce colloque qui marquera l’histoire de la profession infirmière en RDC. #onicom
Congrès 2025 du CII : Les Associations nationales d’infirmières des pays francophones hausses le ton !
Une session francophone regroupant les associations nationales d’infirmières des pays dont la langue officielle est le « français » s’est tenue le 8 juin en marge de la réunion du CRN, à Helsinki en Finlande. Parmi les participants, les ordres et associations nationales d’infirmières de la RDC, Canada, Liban, Monaco, Suisse, Belgique, France, Mauritanie, Sénégal,… Ensemble, les pays francophones ont voulu partager plus que la langue française, plus les préoccupationscommunes et la compréhension des enjeux pour « faire vivre le français dans le CII.« Les participants ont réfléchi sur la possibilité d’obtenir la traduction des textes en français par les experts afin de faire leurs membres de différents programmes et projets du CII souvent conçus en anglais. Les programmes comme ODENNA(Développement organisationnel des associations nationales d’infirmières), GNLI (Global Nursing Leadership Institute), ne sont pas encore profitables à des milliers d’infirmières et infirmiers des pays francophones du monde entier. Regroupés sous la dénomination : « Les Francophones du CII« , FCII, en sigle , nom donné par le président national de l’ONIC André Louis KOMBA Djeko à la grande satisfaction des participants, les pays francophones envisagent s’impliquer d’avantage sur la gouvernance du CII. Le FCII plaidera pour l’intégration d’un représentant francophone au sein du Centre d’expertise en leadership du CII, pour disposer des programmes conçus directement en français et non traduits en français et prévoir la révision de plusieurs textes du CII en français. Le FCII va par ailleurs plaider pour que le SIDIIEF, avec qui il compte collaborer, soit accepté comme observateur au sein du CII. Une équipe a été mise en place pour parachever un document qui devra régir le FCII avant d’officialiser son existence et sa reconnaissance par le CII. Signalons que l’anglais est la langue officielle du CII. Les textes du CII sont traduits en français et en espagnol. Le CII compte en son sein 19 pays francophones du monde entier. D’autres pays francophones, surtout d’Afrique (Maghreb) ne sont pas encore membres du CII.
Congrès 2025 à Helsinki : Des nouvelles Définitions de l’Infirmière et de soins Infirmiers Adoptées, José luis Cobos élut nouveau Président du CII !
Le Président du Conseil national de l’ONIC André Louis KOMBA Djeko a participé à la réunion du Conseil des Représentants des associations Nationales d’infirmières (CNR) et au congrès 2025 du Conseil international des infirmières (CII) organisés du 7 au 13 juin à Helsinki, en Finlande, accompagné d’une délégation restreinte des membres de l’Ordre des infirmiers de la RDC. Ces deux grands événements d’importance primordiale ont réuni plus de sept mille infirmières et infirmiers du monde entier dans le pays du soleil levant pour partager l’expérience et d’échanger sur les nouvelles tendances dans la profession infirmière. La réunion du CRN, regroupement plus de 140 associations nationales d’infirmières, est une instance décisionnelle et d’orientation du CII qui se tient tous les deux ans, à la veille du congrès bisannuel du CII. Pour cette année, vu l’immensité des points inscrits à l’ordre du jour, elle s’est tenue du 7 au 9 juin dans la salle 101 du complexe Messuskeskus. Le KOMBA Djeko a participé à ces réunions entant que délégué principal ayant droit au vote, accompagné de deux autres membres, dont un suppléant Henry MASOSA, et un expert Philémon NGOMU, tous deux, membres du Conseil national de l’ONIC. Sous la présidence du Dr Pamela Cipriano, Présidente sortante du CII, la réunion du CRN a permis l’adoption de plusieurs réformes majeures et l’élection du nouveau Conseil d’administration du CII ainsi le nouveau président du CII. En termes des réformes, il faut noter l’adoption par le CRN des « nouvelles définitions officielles de l’infirmière et des soins infirmiers. » Une réforme nécessaire pour la profession infirmière en pleine essor. « Ces définitions claires et tournées vers l’avenir guident les soins infirmiers dans le monde, renforcent le CII et placent l’infirmière au centre de l’évolution des sciences, sont applicables sur les plans mondial et local », a souligné la présidente du CII. « Je remercie la commission, et tous les délégués du CRN pour avoir actualité ces définitions tourné vers l’avenir, qui placent la profession infirmière au centre de soins de santé », a déclaré la présidente Pamela, tout en invitant tous les gouvernements du monde et toutes les organisations à n’utiliser que ces nouvelles définitions officielles. À propos des élections, le CRN a élu onze nouveaux membres du Conseil d’administration du CII repartis dans les six zones électorales du CII. L’Afrique sera représentée par la déléguée de l’association des infirmières et sagefemmes du Ghana, madame Perpetual Ofori Ampofo. Au niveau de la présidence, monsieur José Luis Cobos Serrano, d’origine espagnole, ancien membre du Conseil d’Administration du CII, remplace madame Pamela Cipriano pour un mandat de quatre ans, non renouvelable. Il a battu deux autres candidates qui étaient à la course, dont une chinoise et une sudafricaine. Le nouveau président a été présenté à la communauté infirmière le jour de la clôture du congrès lors de la cérémonie de prise de fonction et de pouvoir comme le veut la tradition. Le nouveau président place son mandat sous un slogan fort : « l’Autonomie ». « J’ai choisi l’autonomie parce que je comprends que nous devons l’utiliser à trois niveaux. Le CII doit être autonome au niveau organisationnel, avoir une voix forte pour défendre les infirmières en tant que pilier des systèmes de santé et les soins infirmiers doivent figurer dans tous les programmes politiques au plus haut niveau. Nous devons autonomiser les ANIs et veiller à ce qu’elles sachent que le CII est là pour les aider. » A-t-il déclaré lors de son premier discours. Et de poursuivre : « J’entends souvent les gens dire que les soins infirmiers sont très importants, que le système de santé ne serait rien sans les infirmières. Mais le monde doit savoir que le temps des paroles est révolu. Je dirai aux politiciens qu’il est temps de passer à l’action. Nous sommes fatigués d’entendre des paroles, même si elles sont bien intentionnées. Nous devons maintenant agir, joindre le geste à la parole. Et pour cela, nous devons donner les moyens d’agir à chaque infirmière. » « Je demande donc à chaque infirmière de réfléchir à ce qu’elle peut apporter. Les infirmières ne doivent rien attendre de leurs gouvernements, de leurs systèmes de santé, ni même du CII. Le plus important, c’est ce que chacune d’entre nous peut faire pour faire progresser notre profession. Le CII donnera le ton, mais nous avons besoin du soutien de tous. C’est pourquoi je demande aux infirmières et infirmiers de montrer leur engagement envers leur profession », a plaidé le nouveau président du CII. Le CRN a également adopté une résolution soutenant les infirmières et les autres professionnels de santé travaillant dans les zones de conflit armé. Dans cette résolution, « le CII appelle les belligérants de protéger les infirmières, les travailleurs de santé, les ambulances et les structures de soins de santé. » La réunion du CRN c’est aussi pour les associations nationales d’infirmières (ANIs) une occasion de s’exprimer pleinement au nom des infirmiers et infirmières de leurs pays respectifs. Plusieurs ANIs se sont exprimés, ONIC y compris, pour remercier les dirigeants du CII et exposer les défis auxquels ils sont confrontés. Dans un autre registre, « la cérémonie officielle d’ouverture du trentième congrès du CII s’est déroulée dans la salle de spectacle du complexe Messuskeskus », dans la soirée de lundi 9 juin devant plus de 7000 infirmières, chercheurs, universitaires et autres experts du monde entier venus dans le cadre d’un événement qui célèbre la profession infirmière et le travail de chaque infirmière. Le défilé de délégués des ANIs habillés en uniforme nationale et tenue traditionnelle a marqué les esprits dès le début de la cérémonie. « L’ONIC était la dixième ANI à défiler sur le podium dressé à cet effet, impactant toute la salle par la danse improvisée par le président national André Louis KOMBA Djeko. » Plusieurs grandes personnalités du monde ont adressé les messages de félicitations et d’encouragement aux infirmières. Notamment le Pape Léon 14, le Directeur général de l’OMS, la Présidente de la fondation Florence Nightingale. Présente à la cérémonie d’ouverture, la Princesse Muna de Jordanie, a également adressé un message écrite lu par le Directeur général
74ème Session du Comité Régional de l’OMS pour l’Afrique : le CII plaide en faveur d’un Positionnement stratégique des Infirmières !
Le Président du Conseil national de l’Ordre des infirmiers de la RDC, André Louis KOMBA DJEKO, a pris part à la soixante-quatorzième session du comité régional de l’OMS pour l’Afrique, tenue du 26 au 30 aout 2024 à Brazzaville, en République du Congo. Cette session a réuni plusieurs pays africains et les partenaires clés au tour du Directeur général de l’organisation mondiale de la santé, Dr Tedros Dhanom Ghebreyesus, en vue de fournir des ressources essentielles à la santé pour un tout premier cycle d’investissement de l’OMS. Quatorze pays africains ont promis plus de 45 millions de dollars au cycle d’investissement de l’OMS, une initiative lancée il y a trois mois, visant à générer un financement durable pour l’organisation au cœur de l’architecture mondiale de la santé. Ces engagements ont été pris lors d’un sommet du comité régional de l’OMS pour l’Afrique, au cours duquel les chefs d’Etats et des gouvernements de tout le continent ont souligné l’importance d’investir dans la santé mondiale et de garantir une OMS forte. « Je remercie les Etats membres de la région africaine d’avoir activement soutenu le premier cycle d’investissement de l’OMS afin de mobiliser les ressources prévisibles et flexibles nécessaires à notre travail de base au cours de quatre prochaines années », a déclaré le Dr Tedros, tout en précisant qu’un financement complet et durable permettra à l’OMS de mieux soutenir les pays dans leurs efforts visant à bâtir des populations en meilleure santé, plus résilientes et plus prospères. Il a aussi indiqué que ce financement aidera l’OMS à remplir son mandant et faire progresser les objectifs clés visant à promouvoir, assurer et protéger la santé et le bien-être de tous. Pour sa part, le Dr Matshidiso Moeti, directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique a relevé l’importance de chaque engagement et chaque partenariat complet, nécessaire pour parvenir, ensemble, à un avenir où la santé et le bien-être seront accessibles à tous. « Une OMS forte, prévisible et financée de manière durable est essentielle pour notre région et le monde afin de faire face aux multiples menaces sanitaires auxquelles nous sommes confrontées et de soutenir la prévention des maladies sur la base des nombreuses données dont nous disposons », a-t-il dit. Elle a passé, lors de ce sommet, le flambeau au Dr Faustine Anglebert Ndugulile de la Tanzanie, désigné prochain Directeur régional de l’OMS pour l’Afrique. Dans sa prise de parole, le président de l’ONIC qui a eu l’honneur de représenter le Conseil international des infirmières (CII) et les plus de 28 millions d’infirmières à travers le monde à ces assises, a remercié le DG de l’OMS pour l’occasion lui accordée et a fait savoir que le CII soutient fermement les actions proposer pour lutter contre le diabète en Afrique où la charge de morbidité est élevée. « Les infirmières jouent un rôle crucial dans la prévention, la gestion et la prise en charge de personnes atteintes de diabète, en particulier dans le cadre du pacte mondial contre le diabète », a-t-il indiqué en précisant que le CII préconise d’intégrer la prévention, le diagnostic précoce et la gestion du diabète dans les soins de santé primaire et d’investir dans le rôle des infirmières spécialisées. Le président KOMBA DJEKO a aussi renseigné que les interventions menées par les infirmières se sont avérées efficaces pour réduire la comorbidité, améliorer les résultats des patients et prévenir les complications. « Le CII plaide en faveur d’un positionnement stratégique des infirmières dans les zones rurales, urbaines, afin de garantir un accès équitable aux soins en leur donnant les moyens de jouer un rôle central dans la prévention et le contrôle des maladies non-transmissibles, améliorant ainsi les résultats en matière de santé mondiale », a-t-il martelé pour clore son intervention. Rappelons que ce cycle d’investissement a été lancé lors de l’Assemblée mondiale de santé, en mai 2024 à Genève. Il vise à générer des contributions flexibles et donc alignées sur la stratégie de l’OMS telle qu’approuvée par ses Etats membres : fournies de manière prévisible au début du cycle budgétaire de 4 ans pour permettre la prise de décisions stratégiques et résilientes dans le sens où elles proviendront d’un ensemble plus large et plus diversifié de donateurs. HDM
Chronique Nursing no5 : La Protection du « Titre d’Infirmier » en RDC : Qui peut Porter la Qualité d’Infirmier au regard de la loi ?
La protection du « Titre d’Infirmier » à travers un mécanisme de réglementation obligatoire assure à la population les soins et services de santé de qualité offerts par un personnel infirmier qualifié et compétent. Le Conseil international des infirmières (CII) est le garant de la protection du « titre d’infirmier » sur le plan international. Dans sa prise de position, il invite tous les pays du monde à mettre en place un système de règlementation obligatoire en vue de protéger le titre d’infirmier. « Le titre d’infirmière doit être protégé par la loi. Il ne devrait être appliqué et utilisé que par les personnes légalement autorisées à se présenter en tant qu’infirmières et à prodiguer des soins infirmiers. » insiste-t-il. Le CII renseigne par ailleurs que le fait de réserver le « titre d’infirmière » aux personnes remplissant les critères légaux renforce les protections publiques en permettant au public de faire une distinction entre les infirmières légalement qualifiées et les autres fournisseurs de soins infirmiers. Il revient donc, au public en général et à tout employeur, de se rassurer que l’infirmier auquel ils font recours pour recevoir les soins de santé, est un infirmier compètent et légalement autorisé à exercer la profession infirmière en RDC. Car n’importe qui peut se présenter en qualité d’infirmier, et prétendre prodiguer les soins infirmiers. Dans cette optique, l’objectif de la restriction de l’utilisation du « titre d’infirmière » est de protéger le public des actes de personnes non autorisées à pratiquer en tant qu’infirmières et prétendant prodiguer des services de santé qui sont l’apanage des infirmières. Les personnes qui usent de manière légitime le « titre d’infirmière » sont responsables, à titre individuel, de leurs compétences et de leurs actes. Elles doivent respecter les codes professionnels de pratique, les codes déontologiques et de conduite, outre les normes, lois et règlements qui orientent la pratique infirmière. Tandis que sans protection formelle de ce titre, n’importe quelle personne ne détenant pas les qualifications exigées ou ne faisant pas la preuve de la compétence nécessaire, peut se présenter en tant qu’infirmière et exercer dangereusement la profession infirmière. En République Démocratique du Congo, plusieurs personnes se font appeler infirmier, et exercent la profession infirmière sans en avoir ni qualifications, ni compétences, et sans être autorisées par la loi. Certains employeurs et la population ne s’empêchent de recourir aux services d’un infirmier non-autorisé d’exercer la profession infirmière. Cette situation est à la base des pratiques dangereuses occasionnant des intoxications médicamenteuses, des handicaps physiques et d’euthanasies involontaires dont sont coupables des charlatans usurpant le « titre d’infirmier », surtout dans les milieux rural et semi-urbain. La protection du « titre d’infirmier » en RDC est l’apanage du Conseil national de l’Ordre des infirmiers, au regard de la loi no16/015 du 15 juillet 2016 portant création, organisation et fonctionnement de l’ordre national des infirmiers. Cette loi réserve l’exercice de la profession infirmière aux celles infirmières et infirmiers inscrits au tableau de l’ordre. « Nul ne peut exercer la profession infirmière s’il n’est inscrit au tableau de l’ordre », précise-t-elle à son article cinq. L’utilisation du personnel infirmier par un employeur, tant du secteur public que privé, est également astreinte à son inscription au tableau de l’ordre des infirmiers comme le stipule l’arrêté du ministre de la santé publique en la matière. Malheureusement, l’Administration publique respecte de moins en moins ces dispositions de la loi sus évoquée et de l’arrêté ministériel sur l’utilisation du personnel infirmier. Et le secteur privé ne fait pas exception. Certaines structures de soins de santé en RDC, publique ou privée, continuent d’utiliser des personnes non-qualifiées et non-autorisées d’exercer la profession infirmière, portant abusivement le « titre d’infirmier », au mépris des dispositions de la loi sus évoquée. Toutefois, l’Ordre entant que personne morale peut ester en justice toute personne usurpant le « titre d’infirmier », et tout employeur recourant aux services d’un infirmier non-autorisé à exercer la profession infirmière. L’Ordre devra également s’impliquer sur l’élaboration des programmes de formation et d’évaluation des infirmiers, et organiser des formations continues obligatoires pour maintenir et actualiser les compétences des infirmières et infirmiers autorisés. A ce sujet, il doit conclure des partenariats avec les ministères chargés d’organisations de la formation des infirmiers d’une part, et avec les écoles de formation des infirmiers, d’autre part. Il revient également à chaque infirmier et infirmière, comme le prévoit les articles 59 et 60 du code de déontologie de la profession infirmière en RDC, de ne pas autoriser une personne non inscrite au tableau de l’Ordre à exercer une activité réservée aux infirmiers, ni de l’aider ou l’inciter à le faire. De plus, il ne doit pas l’autoriser d’utiliser le « titre d’infirmier. » Au contraire, l’infirmier a l’obligation de dénoncer auprès du Conseil de l’Ordre de sa juridiction, toute personne qui se livre à l’exercice illégal de la profession infirmière. Notons enfin que, l’utilisation illégale du « titre d’infirmière » doit être sanctionnée par des actions civiles, pénales ou administratives contre les personnes qui s’en rendent responsables et celles qui les y auront aidées. HDM
Chronique Nursing no1 : Ce qu’il faut savoir des Organes et Structures du CII !
Le Conseil international des infirmières (CII), fondé en 1899, est une fédération indépendante, non partisane, non gouvernementale, d’associations nationales d’infirmières (ANIs). Il fonctionne sur base d’une politique de non-discrimination. Il a son siège central à Genève, en SUISSE. Le CII est une fédération d’associations nationales d’infirmières qui se conforment à ces Statuts et qui ont été formellement admises en qualité de membres. Il a pour but de représenter les infirmières dans le monde entier et de se faire leur porte-parole au niveau international. A ce sujet, il poursuit les objectifs ci-après : Quels sont les différents organes et structures du CII ? Le CII est organisé au tour de trois principaux organes qui sont secondés par d’autres structures, le Conseil des représentantes d’associations nationales d’infirmières, le Conseil d’administration et le comité exécutif. Le CRN est l’organe décisionnel du CII. Le CII compte actuellement plus de 130 associations ou Ordres nationaux d’infirmières affiliés, qui représentent plus de 28 millions d’infirmières dans le monde. Ainsi, chaque association est représentée au sein du CRN. D’où le CRN est composé de : De ce fait, le CRN assume les fonctions suivantes : Le CRN siège une fois tous les deux ans en session ordinaire. Toutefois, les réunions extraordinaires du CRN, en présentiel ou virtuelles, ont lieu si le Conseil d’administration le juge opportun ou sur convocation du Conseil d’administration sur demande écrite faite à la Présidente par au moins un cinquième des associations membres représentant trois zones du CII. Le Conseil d’administration du CII sert de mandataire au CRN dans l’intervalle de ses réunions. Il remplit également d’autres fonctions, telles qu’elles sont définies dans ces Statuts. Le Conseil d’administration du CII compte 12 membres : la Présidente, trois Vice-présidentes et 8 membres élus sur la base des zones de vote du CII. De ce fait, les membres du Conseil d’administration, y compris la Présidente, doivent être des infirmières (ers) et rester membres de plein droit d’une association affiliée au CII. Le Conseil d’administration est l’agent du Conseil des représentantes d’associations nationales d’infirmières (CRN). Il adopte et applique des politiques compatibles avec le cadre institué par le CRN. Ses fonctions sont, outre celles prévues par les Statuts, celles qui relèvent de tous les conseils d’administration en matière de définition et de contrôle des politiques. Par contre, l’application des politiques d’action et la gestion courante du CII incombent à la direction générale et aux employés du CII. Les membres du Conseil d’administration du CII sont élus pour représenter les infirmières et la profession infirmière au niveau mondial. Ils ne sont pas les représentants de pays ou de régions particuliers. Ce Conseil est présidé par l’infirmière Pamela Cipriano, qui est en même temps Présidente du CII, pour un mandat de 4 ans non renouvelable, dont 2023 est sa deuxième année. Elle est membre à l’American Nurses Association. La Présidente du Conseil d’administration préside aussi toutes les sessions du CRN et toutes les réunions du Conseil d’administration et travailles en étroite collaboration avec le Directeur général pour la gestion des affaires du CII. Elle est membre de droit de tous les comités. Sur ce, le Conseil d’administration tient ses renions ordinaires une fois l’an, tandis que les réunions extraordinaires se tiennent sur décision de la présidente ou sur demande écrite d’au moins un tiers des membres du Conseil d’administration. Notons par ailleurs que, la zone Afrique est sous représentée au sein du Conseil d’administration du CII, avec un seul membre, par rapport à d’autres zones. C’est l’infirmier André Gitembagara du Rwanda Nurses and Midwives Union, qui occupe ce poste d’un simple membre. Le Comité exécutif du Conseil d’administration est composé de la Présidente et d’au moins trois vice-présidentes. La Présidente et les trois vice-présidentes constituent le Comité exécutif du Conseil d’administration chargé de régler les affaires entre les réunions du Conseil d’administration et de lui adresser des recommandations concernant les priorités stratégiques et les questions financières. Ses travaux font l’objet d’un rapport à la réunion ordinaire suivante du Conseil d’administration ; Le Conseil d’administration peut parfois être appelé à nommer un ou plusieurs comités dans des buts spécifiques. Notamment les Comités du Conseil d’administration, le directeur général et le comité d’audit et de surveillance des risques. Quid de la Direction générale du CII ? La Direction générale est gérée par le Directeur général nommé par le Conseil d’administration du CII pour assumer la direction de l’organisation et les fonctions de Secrétaire du Conseil d’administration. Il doit être un infirmier membre d’une association nationale d’infirmières membre de plein droit du CII. Le Directeur général rend compte au Conseil d’administration ; il est responsable de l’administration générale du personnel et de l’application des projets ainsi que des programmes du CII conformément aux politiques établies par le CRN et le Conseil d’administration. Il est secondé dans ses responsabilités par trois adjoints, dont le Directeur chargé de Finance et Administration ; le Directeur responsable des programmes de soins infirmiers ; et le Directeur chargé de la Communication et Evénements. L’actuel Directeur général du CII s’appelle Howard Catton. Encequi concerne la RDC, tout infirmier inscrit au tableau de l’ordre est d’office membre du CII du fait que l’ONIC est affilié de plein droit au CII. Aussi, le Président national de l’ONIC, André Louis KOMBA DJEKO est membre du CRN. A ce titre, Il prendra part au Congrès de 2023 du CII qui se tiendra du 1er au 7 juillet 2023, à Montréal, au CANADA. Ce Congrès rassemblera la force prodigieuse des 28 millions d’infirmières dans le monde pour apprendre, partager et nouer des contacts, sur le thème : « Les infirmières, ensemble : une force pour la santé mondiale. » Il y sera examiné lors de cet évènement, la façon dont le monde peut tirer des enseignements de la pandémie, qu’il s’agisse de protéger les droits des infirmières, de leur garantir des conditions de travail décentes, d’optimiser leur champ de pratique et de les rémunérer de façon juste, ou de favoriser le leadership infirmier, le respect de la profession et de peser d’un plus grand poids sur les politiques de santé à